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Publié le 24 Janvier 2026

Andrew Ervin : L'incendie de la maison de Georges Orwell

L’illustration de couverture est un gros plan d’un verre rempli d’un liquide ambré qu’on consomme souvent avec des glaçons et elle porte ce bandeau : « Á consommer sans modération ». Mais avec de l’Alka-Seltzer sous la main, c’est plus prudent.

Ray Welter est un publicitaire de génie : il a lancé la mode des 4x4 sauvagement rayés, une ligne nommé « Gros Porcc ». Après tout, on vend bien des jeans pré-déchirés. Mais une crise dans sa vie sentimentale et professionnelle l’amène à faire une retraite là où Georges Orwell, qui est curieusement son maître à penser, a écrit 1984 : dans l’île de Jura, archipel des Hébrides, Écosse. Jura, 170 habitants, une épicerie et – nous y voilà – une distillerie où se fabrique le Jura single malt.

Cruel dilemme pour Ray Welter : doit-il tenter de se faire adopter par la population du village, dont les deux plus beaux spécimens sont un indépendantiste fou furieux et un gentil bon homme qui se prend pour le loup-garou – ou plutôt est-ce qu’il doit rester dans la solitude du manoir de l’écrivain à enchaîner les cuites ? Peut-être est-ce Molly, sauvageonne de 17 ans, qui l’aidera à sortir de sa dépression. Mais rien n’est moins sûr.

Je me suis énormément amusé en lisant ce roman, et comme je suis bon bougre je vous offre une tournée générale !

ERVIN, Andrew : L’incendie de la maison de Georges Orwell (Joëlle Losfeld, 2016)

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marc Weitzmann

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Publié le 24 Janvier 2026

Milena Agus & Luciana Castellina : Prends garde

Les quatre sœurs Porro sont des propriétaires terriennes à la mode d’autrefois, qui brodent en buvant du porto pendant que leurs paysans triment pour elles. Malheureusement ces fermiers ingrats se révoltent, mettent à sac leur maison de maître, et lynchent deux d’entre elles.

De ce fait divers, le livre Prends garde – et c’est toute son originalité – nous propose deux versions.

Luciana Castellina, historienne, nous en retrace le acdre 1) géographique : les Pouilles, ce sud misérable de l’Italie, et 2) historique : 1946, alors que l’Italie sort exsangue de l’aventure mussolinienne.

De son côté Milema Agus, l’auteur de Mal de pierres, ce magnifique roman sarde, elle, s’attache à débusquer ce que ne diront jamais les livres d’histoire : les pensées des quatre sœurs dans l’ennui de leurs journées, la béance fatale qui les sépare de la réalité.

Les deux textes sont présentés recto-verso du livre, vous pouvez l’attaquer du côté que vous voulez. Si je peux tout de même me permettre un conseil, lisez l’histoire avant le roman. Je sais de quoi je parle : j’ai fait le contraire !

AGUS, Milena & CASTELLINA, Luciana : Prends garde (Liana Levi, 2015/Piccolo, 2016)

Traduit de l’italien par Marianne Faurobert (le roman) et Marguerite Pozzoli (l’histoire)

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Publié le 21 Janvier 2026

Pour se remettre de l’échec commercial de sa dernière bande dessinée, le narrateur se réfugie dans une maison dont il a hérité sur une île perdue. Sa solitude croise le quotidien des natifs hauts en couleurs, et celle d’habitants comme lui exogènes (une actrice à la gloire fanée, un chaman péruvien…), occasion de portraits à la fois tendres et impitoyables.

Notre dessinateur accepte une folle mission : décorer la salle à usages multiples d’une fresque retraçant l’histoire (l’île possède des excréments préhistoriques humains fossilisés – des coprolithes, pour les savants – et un trésor pirate légendaire) et le présent du lieu. Mais quelle hiérarchie adopter pour la représentation  de chacun, doit-il figurer l’actrice telle qu’elle est ou telle qu’elle fut, quelle place accorder à la belle marchande de légumes ? Et va-t-il par son œuvre se fâcher avec la communauté ou en devenir le barde graphique ?

S’il est pétri d’humour, ce livre dépasse la simple drôlerie. Tout d’abord, et ce n’est pas incompatible, par sa grande humanité. On ne peut qu’entre en sympathie avec l’anti-héros, enfoncé au départ dans sa tristesse hivernale (le chauffagiste se fait attendre) puis confronté aux affres de la création face au mur blanc qu’il doit illustrer. Le récit patine d’ailleurs un peu au moment où il s’apprête à dévoiler sa fresque aux yeux des îliens, comme si l’auteur doutait lui-même concomitamment de sa plume. Qu’il se rassure : La vague qui vient restera pour nous un cairn dans le brouillard éditorial, un repère que nous serons rassurés de retrouver.

Une dernière chose : les amoureux des îles recopieront des phrases entières consacrées à cette étrange sensation – et étrange réalité – qu’on y éprouve, celle d’être enfermé dans l’immensité.

FOHR, Daniel : La vague qui vient (Inculte, 2023/Babel, 2024)

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Publié le 21 Janvier 2026

Le Prix Goncourt 2026 deviendra sûrement un classique, si la lecture survit à nos temps fracassés : il en a les qualités et les défauts. Commençons par ceux-ci : 740 pages c’est beaucoup et parfois un peu ennuyeux. Cela oblige à une attention passée de saison – mais peut-être est-ce un bien. Et puis il y a ce style tellement célébré par la presse. Si les lointains ancêtres Proust de l’auteur ne sont pas, à ses dires, de la même branche que Marcel, la parenté littéraire, elle, est indéniable. Il y a dans cette volonté de suivre la pensée dans toutes ses circonvolutions et dans toute sa vitesse une prouesse certaine, au risque parfois de la virtuosité. Étrangement, plus la lecture avance et plus on s’habitue aux virages à angle droit de l’écriture, aux tirets qui hachent les phrases et même aux retours à la ligne intempestifs qui parsèment le récit de mantras. Ou alors est-ce l’auteur qui en avançant les maîtrise mieux (mais je ne suis pas sûr que nous lisons le livre dans l’ordre où il a été écrit).

Dans l’avalanche des romans généalogiques qui nous envahissent sous l’éloge de la transmission générationnelle, Mauvignier dresse à rebrousse-poil, en déroulant l’histoire de trois femmes – sa grand-mère, la mère et la grand-mère de celle-ci – une généalogie des ruptures. Le relais mère-fille par deux fois se grippe. La première d’entre elles, Jeanne-Marie (épouse Proust, donc), « préposée aux confitures et aux chaussettes » – rien que pour cette représentation de la condition féminine le roman mérite de passer à la postérité – suivra au-delà de la mort de son mari la volonté de celui-ci : perpétuer le domaine en se donnant un gendre capable d’assurer la succession, au mépris de la passion de leur fille Marie-Ernestine pour le piano (et son professeur) qui aurait pu lui ouvrir un avenir bien différent. Á la mort du dit gendre à la guerre de 14, Jeanne-Marie se révèlera être une meneuse d’hommes inattendue alors que Marie-Ernestine glissera dans ce qui s’apparente à une neurasthénie profonde qui lui fera rejeter sa propre fille, Marguerite, peut-être parce qu’elle incarne son échec musical. Ce que deviendra Marguerite durant la Seconde Guerre Mondiale fait l’objet de la troisième partie du roman et éclaire le douloureux héritage de Mauvignier.

Peut-on parler de vie ratée à une époque où la question ne se posait pas de la réussir ? Voilà peut-être le gouffre qu’ouvre sous nos pieds La maison vide : l’affirmation de l’individu – face à la communauté, face à Dieu – le condamne-t-elle forcément au désespoir ? Le désir de liberté est-il la porte du malheur ? Ce sont les interrogations de cet ordre qui laissent le livre béant, et qui en font sa force.

MAUVIGNIER, Laurent : La maison vide (Minuit, 2026)

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Publié le 10 Janvier 2026

Il y a d’étranges coïncidences : un même lieu inspire le roman de David Foenkinos Le mystère Henri Pick et ce livre d’Irving Finkel, paru 19 ans auparavant en anglais et tout juste traduit en français. Ou alors ce n’est pas une coïncidence…

Ce lieu, c’est une bibliothèque qui recueillerait les manuscrits refusés par les éditeurs. On imagine la démesure de l’entreprise, la croissance tentaculaire de l’endroit, quand on sait le nombre d’auteurs qui chaque année ne trouvent pas de débouché. On se prend à rêver de ce qu’aurait pu faire de cette idée le regretté Umberto Eco.

Irving Finkel, conservateur au British Museum et auteur d’un livre remarqué sur l’Arche de Noé – il est donc bien placé pour parler du sauvetage des espèces en voie de disparition –, lui se contente, si je peux dire, de placer dans ce décor onirique des saynètes toutes enrobées d’humour anglais : la visite des inspecteurs de sécurité, comment se débarrasser d’une équipe de télévision, ou d’une stagiaire américaine… Le tout quand même ombré par cette interrogation qui frise le tragique : n’y a-t-il pas parmi tous ces manuscrits condamnés de purs chefs-d’œuvre méconnus ?

On passe un bon moment Au paradis des manuscrits perdus – que demander de plus ?

FINKEL, Irving : Au paradis des manuscrits refusés (Lattès, 2016 / 10/18, 2017)

Traduit de l’anglais par Olivier Lebleu.

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Publié le 10 Janvier 2026

Ah, voici un roman ambitieux comme on aimerait que les auteurs français nous en offrent plus souvent ! Pour son premier livre Julien Donadille n’entend rien moins que de rendre compte de la complexité du monde contemporain et de celle de l’âme humaine. Quelque part du côté de Jean-Christophe Ruffin, de Marc Dugain – et du regretté Pierre-Jean Rémy puisque nous sommes aussi dans le milieu des ambassades, dans celles de Rome plus précisément.

C’est à Rome en effet, dans les années 90, que le narrateur, attaché culturel provisoire, fait la rencontre d’un vieux monsieur exquis, Constantin Eröd, héritier en titre de la couronne de Slovanie, un micro-état englobé dans la Yougoslavie – en train d’éclater alors. C’est un lecteur érudit, un guide incomparable dans la Rome historique, un mécène prodigue, et parfois d’une rusticité brutale.

Devenu roi d’une monarchie fantoche aux mains de nervis nationalistes, Constantin XIV va cautionner – et même encourager – les pires massacres des populations musulmanes de Slovanie.

La construction du roman est très maline : il débute quinze ans après les faits, quand le narrateur apprend qu’après sa mort Constantin lui a légué un coffre gardé dans une banque du Vatican. Et bien sûr, de flash-back en flash-back le lecteur attendra en haletant la dernière page pour avoir la clé de l’affaire (et du coffre…) – et de la personnalité ambigüe de Constantin Eröd.

Peut-être ce même lecteur, s’il n’est pas très familier de la capitale italienne, aura tendance à sauter la litanie des noms de rues qui ponctue les balades – nombreuses –  des deux impétrants dans Rome. Qu’il ne se décourage pas : ce serait dommage de passer à cause de cela à côté de ce roman tout à fait enthousiasmant !

DONADILLE, Julien : Vie et œuvre de Constantin Eröd (Grasset, 2016)

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Publié le 10 Janvier 2026

Que se passe-t-il dans l’esprit d’une romancière, creusant le filon des romans historiques basés sur des œuvres emblématiques de notre patrimoine (Cf. La jeune fille à la perle), quand elle décide, pour broder autour des merveilleuses tapisseries dites de La Dame à la licorne, de faire endosser le rôle principal par un personnage aussi antipathique que le peintre fictif Nicolas des Innocents ? Est-ce pour étayer le débat sur l’homme et l’œuvre ? Jouisseur, Manipulateur, prétentieux, Nicolas sème sans remords les enfants sur son passage, ne concevant les femmes que comme des fanions à conquérir et à collectionner. Don Juan anachronique sans la fêlure métaphysique. Certes, on en a connu des comme ça, et pas que dans l’ancien temps…

Sinon, le roman remplit l’attente : voyage documenté dans le Moyen Âge finissant, il profite du flou qui entoure l’histoire des célèbres tapisseries pour nous amener dans le quotidien des lissiers belges ou des nobliaux parisiens. Mais l’érudition semble n’être au service que d’une intrigue : Nicolas arrivera-t-il à ses fins avec la jeune Claude (14 ans) et le lecteur, caché sous la table, y trouvera-t-il l’excuse de fantasmes d’un autre temps ?

Si on a souvent du mal dans ce style de littérature à démêler le vrai du faux, on est ici face à une certitude : La Dame à la licorne n’existe pas.

CHEVALIER, Tracy : La Dame à la licorne (Quai Voltaire, 2003 / Folio, 2009)

Traduit de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek

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Publié le 9 Janvier 2026

Les temps ont changé, comme chante certain : le voyage en Grèce que nous propose Baptiste Dericqueboug n’est pas celui de Lawrence Durrell ou de Jacques Lacarrière. Aucune crainte, donc, de déjà lu. Ce serait même à une déconstruction de ce qui habite notre imaginaire à laquelle s’emploie l’auteur, à travers des lunettes clairement politiques. Il s’agit de dé-romantiser l’image que littérateurs et archéologues nous ont léguée de la Grèce. Et d’abord, la Grèce existe-t-elle ? Une mosaïque de peuplements et de territoires que la langue unit (avec difficulté, puisqu’il a fallu la démocratiser). Parle-t-on d’Alexandre le Macédonien ou d’Empédocle de Sicile ? Des ours de Metsovo, à la frontière albanaise, ou des citrons (amers) de Limassol, au sud de Chypre ?

Loin des reconstitutions archéologiques hasardeuses, c’est à un voyage dans notre temps que nous sommes conviés. Dans la Grèce que se partagent une famille socialiste et une famille libérale depuis des décennies – au prix parfois de mariages croisés. Dans la Grèce éternellement pauvre qui a pu prêter l’oreille aux sirènes de l’Aube Dorée (extrême-droite) et tenter l’expérience de Syriza (gauche radicale), vite remise au pas par l’Europe.

De belles pages enfin nous ouvrent un trésor plus précieux que le masque d’or d’Agamemnon : celui de la musique et de la poésie grecques, dont la vitalité défie les péripéties historiques – comme les défie, éternelle, « la capacité [des Grecs] à ranimer la joie pour une soirée même dans les moments les plus mélancoliques ». (2015)

DERICQUEBOURG, Baptiste : Le voyage en Grèce (Anacharsis, 2024)

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Publié le 9 Janvier 2026

Béatrice Commengé a eu le bonheur de rencontrer Lawrence Durrell là où  il  a fini sa vie, à Sommières dans le Gard. Elle avait autour de 20 ans et lui trois fois plus. Cela lui a donné l’envie, et l’idée magnifique, de se rendre sur les lieux où a vécu l’écrivain  – occasion de faire quasiment un tour du monde puisque, de l’Inde où il est né, au pied de l’Himalaya, jusqu’en Argentine où il a été en poste après-guerre (il n’a pas aimé tant que ça l’Argentine : « vaste pays plat et mélancolique, où l’air est vicié et où les hommes d’affaires boivent du Coca-Cola »), Durrell a passé sa vie en mouvement. Mais son centre vital reste la Méditerranée, et plus particulièrement la Grèce. Corfou, où à 23 ans il entraîne sa famille pour fuir les brumes de Londres ; Alexandrie, la plus grecque des villes égyptiennes, qui inspirera son œuvre majeure, Le quatuor d’Alexandrie ; Rhodes où j’ai eu l’occasion de traîner mes guêtres autour de sa maison à l’abandon dans le cimetière musulman ; Chypre enfin où il croit trouver un hâvre définitif avant que la guerre gréco-turque ne l’en déloge.

Une vie de paysages est le portrait d’un homme à la recherche du Tibet, de la lumière de son enfance, c’est le portrait d’un immense écrivain, d’un grand voyageur, d’un homme d’une belle modestie – et, n’oublions pas, d’un ami fidèle : son amitié avec Henry Miller, autre grande figure des lettres et amoureux de la Grèce, est un des axes fixes de sa vie.

COMMENGÉ, Béatrice : Une vie de paysages (Verdier, 2016)

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Publié le 9 Janvier 2026

Pères, fils, primates (le tout au pluriel) est un roman qui vous plonge d’emblée dans un bain poisseux, et ça ne fait qu’empirer par la suite. Paranoïaques s’abstenir. Il faut dire qu’il accompagne la progression d’une tempête sur la côte mexicaine où Joanes et sa famille sont en vacances. On les évacue vers l’intérieur des terres, mais lui ne part pas tout de suite : il attend d’Espagne un coup de fil dont dépend l’avenir de son entreprise de climatisation – qui est en train de sombrer. Il se retrouve donc le lendemain dans le flot engorgé des voitures de réfugiés – et par le plus grand des hasards il recueille, après avoir percuté un chimpanzé égaré, une vieille dame en fauteuil roulant et son mari, en qui il reconnait le professeur de physique qu’il soupçonne d’avoir ruiné son avenir scientifique à la sortie de l’université.

Vous l’avez compris : tout est en place pour que, profitant du chaos, Joanes puisse assouvir sa vengeance. Á moitié volontaire, à moitié engluée dans un enchaînement néfaste de circonstances, cette vengeance sera longue, glauque, écœurante. D’autant plus qu’on doute de la vérité des raisons qu’a Joanes d’en vouloir à son professeur.

On compare ce livre au Couperet de Westlake. Il y a en plus le baroque latin qui déplace le curseur de la coche « thriller » à celle « épouvante ». J’en ai pour un an à m’en remettre, mais j’ai adoré avoir peur.

BILBAO, Jon : Pères, fils, primates (Mirobole, 2016)

Traduit de l’espagnol par Marc Fernandez

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