Béatrice Commengé : Une vie de paysages
Publié le 9 Janvier 2026
Béatrice Commengé a eu le bonheur de rencontrer Lawrence Durrell là où il a fini sa vie, à Sommières dans le Gard. Elle avait autour de 20 ans et lui trois fois plus. Cela lui a donné l’envie, et l’idée magnifique, de se rendre sur les lieux où a vécu l’écrivain – occasion de faire quasiment un tour du monde puisque, de l’Inde où il est né, au pied de l’Himalaya, jusqu’en Argentine où il a été en poste après-guerre (il n’a pas aimé tant que ça l’Argentine : « vaste pays plat et mélancolique, où l’air est vicié et où les hommes d’affaires boivent du Coca-Cola »), Durrell a passé sa vie en mouvement. Mais son centre vital reste la Méditerranée, et plus particulièrement la Grèce. Corfou, où à 23 ans il entraîne sa famille pour fuir les brumes de Londres ; Alexandrie, la plus grecque des villes égyptiennes, qui inspirera son œuvre majeure, Le quatuor d’Alexandrie ; Rhodes où j’ai eu l’occasion de traîner mes guêtres autour de sa maison à l’abandon dans le cimetière musulman ; Chypre enfin où il croit trouver un hâvre définitif avant que la guerre gréco-turque ne l’en déloge.
Une vie de paysages est le portrait d’un homme à la recherche du Tibet, de la lumière de son enfance, c’est le portrait d’un immense écrivain, d’un grand voyageur, d’un homme d’une belle modestie – et, n’oublions pas, d’un ami fidèle : son amitié avec Henry Miller, autre grande figure des lettres et amoureux de la Grèce, est un des axes fixes de sa vie.
COMMENGÉ, Béatrice : Une vie de paysages (Verdier, 2016)
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