Publié le 5 Février 2026

05/02/2026 : 2/Les épreuves et la correction (épisode maso)

Reçu hier d'Andréa Iacovelle, l'éditeur de La rumeur libre, les épreuves à corriger de Vivant demain en pdf (dans combien de temps ces trois lettres ne voudront plus rien dire à personne ?) Je retrouve avec plaisir les sensations et émotions qui ont accompagné la parution de Cadaqués, aller simple... il y a 18 ans. Voir le texte approcher de sa présentation définitive, dans une mise en page et une police de caractère qui ne sont plus celles du tapuscrit - déjà le texte vous appartient moins . L'éplucher, ce texte, à la recherche de la virgule oubliée, d'une fantaisie du correcteur d'orthographe (le beau mot occitan de consolament, issu du latin consolamentum et qui désigne le baptême cathare, est devenu consolâmes...), des alinéas et alignements bousculés (et c'est important les espaces en poésie...). Pour faire cela relire encore et encore le texte en essayant tant que faire se peut de le vider de sa substance, de son sens quasi. Et puis la couverture, savoir à quoi elle ressemblera : ça y est, le livre est en marche.

Et voilà que (inévitablement, j'allais dire) pointe son nez le syndrome de l'imposteur : qui m'autorise à me dire poète, à penser que ce que j'écris à un quelconque intérêt ? J'ai beau traîner ces poèmes certains depuis 15 ans - et donc envisagé pour eux maintes fois la corbeille à papier, ce qui pourrait au moins leur conférer le statut de rescapés et un peu d'indulgence -, je ne sais toujours rien de leur valeur. Et si le jury s'était laissé abuser par trop de savoir-faire ? Ça me réveille la nuit. Sans doute est-ce avant tout parce que j'ai peur d'en assumer la responsabilité, d'avoir à en répondre, à rendre des comptes. Au moins, pour la poésie, on est pas tenu d'expliquer, comme souvent on ne s'explique pas quand on écrit. Je ne parle pas de l'inspiration, cette vieille jument de retour, mais de l'état de réceptivité qui préside à l'écriture, cette impression d'être au plus près du ressenti - et qui, oui, est inexplicable.

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Publié dans #Vivant demain

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