Publié le 25 Février 2025

25/02/2025 : 18/Rester dehors version 4.0

*J'ai donc remis l'ouvrage sur le métier. Les monologues en italiques deviennent juste repérés entre parenthèses, dans la même police de caractères que la narration. J'ai bien sûr - comme à chaque lecture ! - peaufiné, corrigé, avec l'aide de Danielle qui me signale entre autres qu'on ne met pas une broche dans les cheveux mais une barrette... J'envoie en novembre 2024 un message à Serge S. lui demandant s'il le changement annoncé de son côté est qu'il rejoint les Nouveaux Éditeurs, un groupement lancé par Arnaud Nourry, et au passage s'il souhaite que je lui soumette la nouvelle version. Je n'ai en réponse qu'un mail d'information annonçant qu'il rejoint les éditions Héliopoles, plutôt centrées sur le développement personnel, où il animera sous son nom la branche littérature. En janvier, je profite sournoisement des vœux pour lui demander où nous en sommes. Je lui parle d'une idée que j'ai eue d'orienter la présentation du roman plus sur le côté actualité sociale. Voici ce que j'ai concocté de mon côté, dont je ne lui ai envoyé qu'un résumé :

"Il pourrait être intéressant de présenter ce texte comme une fin de monde. Ce mois de juillet 2018, avec  en son centre exact la victoire de la France à la Coupe du Monde de Football, est sans doute une dernière flambée d'insouciance. A l'automne, ce seront les Gilets Jaunes,en 2010 la COVID, en 2011 l'Ukraine. Le roman - inconsciemment  - suit cette courbe : un ascendant solaire jusqu'à la moitié du mois, puis une descente progressive jusqu'à la mort de Walter. Avec, tout à la fin, un espoir de résurrection. Cela ne coute rien.

Il serait envisageable de chercher à savoir ce que la fraternité de "la bande de l’Écluse" devient, confrontée à ces lames de fond. Envisageable et excitant."

Réponse de Serge S. par mail du 29 janvier :

"Bonjour Philippe Marie, Et merci mais je comprends pas bien votre démarche. Avez-vous retravaillé votre manuscrit Rester Dehors, vous deviez le faire, je ne me souviens plus si vous m’en avez envoyé une nouvelle version par papier et quand. Ce que vous me proposez est indépendant du manuscrit ou pas? Je suis noyé sous les manuscrits, j’en suis désolé."

Je relis (et corrige) le manuscrit, l'imprime avec moultes difficultés (mon imprimante tombe en panne sèche 12 pages avant la fin, la cartouche de rechange compatible Canon que j'ai,, achetée à Carrefour, contre-pub gratuite, n'imprime qu'une ligne sur deux, j'ai failli louer les services d'n moine copiste...), et j'accompagne l'envoi de quelques mots :
 
"Il y a eu en effet malentendu : j'attendais votre feu vert pour vous envoyer la nouvelle mouture (ma lettre de l'automne s'est sans doute perdue...) Bref, la voici. J'ai remplacé les passages en italiques par des parenthèses, mais on peut certainement supprimer tout signe distinctif ; le lecteur moderne est maintenant habitué aux changements de locuteurs - parfois dans la même phrase... [...]  Je compatis à votre surcharge de travail et m'en veux (un peu) d'y participer."
 
Réponse du 19/02 :
 
"Bien reçu votre nouvelle version aujourd’hui.
Je la lirai dès que possible tout en sachant que cela va nous reporter loin dans le temps.
Si vous faites d’autres démarches, ce à quoi je vous invite, il n’est pas mauvais d’avoir d’autres lectures, merci de me tenir au courant.
Cela vous évitera d’attendre pour rien."
 
A quoi j'ai répondu tout à l'heure :
 
"Merci d'avoir accusé réception. Tout à fait d'accord avec vous au sujet de l'intérêt d'avoir d'autres lectures, mais encore faudrait-il que les éditeurs réagissent. Sur une dizaine d'envois, vous êtes le seul à m'avoir répondu d'une manière circonstanciée... Je conçois que l'afflux de manuscrits et la baisse des tirages ne rendent pas les choses faciles, mais alors quoi, il faut arrêter d'écrire ?"

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Publié le 12 Février 2025

12/02/2025 : 17/Un si long silence

*10 mois depuis le dernier post. C'est dire la hauteur du moral. Il s'est pourtant passé des choses, sans que je puisse décider si elles sont positives ou pas. Je parlais du Désert des Tartares, le pire dans l'attente c'est quand on perçoit un frémissement et qu'on ne sait pas si c'est une musaraigne, un reptile, un chacal ou un homme, "Ou n'est-ce que le vent/Qui gonfle un peu le sable/Et forme des mirages/Pour nous passer le temps" (Jacques Brel, Regarde bien, petit). Le frémissement a pris la forme d'un coup de fil de Serge S., le 5 juin pour être précis, alors que je suais seul sur le début du GR10  entre le col de les Vinyes et celui de Llagastera. Je le rappelle le lendemain, une assez longue conversation dont il ressort en vrac que le manuscrit lui plait, qu'il souhaiterait une autre solution pour les passages en italiques (les monologues de Netuno dans la chambre d'hôpital de son frère), les lecteurs ayant tendance à sauter les dits passages. Je tente d'argumenter, des exemples me viennent : En remontant l'Orénoque de Mathias Enard, entre autres, mais il n'en démord pas. Je chercherai une alternative. Il déplore aussi qu'il n'y ait pas une véritable intrigue qui tienne le lecteur en haleine jusqu'au bout. Le fait de savoir si Tiago va ou non sortir du coma ne lui suffit pas, d'autant que (je cite) "il y a peu de chance". Je me demande au passage pourquoi tout le monde tient à enterrer ce pauvre Tiago, je note de revoir la fin pour qu'elle soit un peu plus explicite. Autre point : on se perd un peu dans les dialogues. C'est vrai et volontaire : je voulais qu'on ne puisse pas attribuer de locuteur précis à certaines phrases, parce qu'elles pouvaient indifféremment être prononcées par l'un ou l'autre, ça rajoutait, je pensais, à l'idée d'une fusion entre les membres de la communauté - et ça voulait donner une idée du brouhaha (fusion et confusion). Don't acte, je reverrai ce point. Serge S. est aussi circonspect quant aux "autobiographies" insérées dans le fil du texte. "Cela doit s'expliquer à la fin", me dit-il. Seconde preuve qu'il n'est pas allé au bout, mais je préfère qu'il m'ait appelé vite ! Puis viennent des considérations plus pratiques : pourrait-on présenter ce texte comme "premier roman" ? Suis-je en train d'écrire autre chose ? Je le sens déçu quand je lui réponds que l'incertitude du devenir de Rester dehors freine toute velléité de nouveau projet. Peut-être aurais-je pu lui dire que j'avais bon nombre de manuscrits inachevés... Dernier point, et pas des moindres : rien ne pourra se faire avant la rentrée 2025, il est sur le point de se rapprocher d'un autre éditeur afin de pouvoir mutualiser ce qui lui fait défaut : logistique, secrétariat... Je raccroche en lui promettant de revoir ma copie, à quoi je m'attelle tout l'été, bien ralenti tout de même par l'acquisition d'une nouvelle maison, ce qui n'a rien à faire dans ce blog.

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