Publié le 14 Mars 2026
Je tends de plus en plus, ce doit être l'âge, vers une écriture du fragment. Ce qui peut se manifester de plusieurs façons. L'ensemble de textes intitulé Ostraca est réellement constitué de morceaux de poèmes dont je n'ai pas jugé bon de conserver la totalité. Peut-être en ai-je déjà gardé trop... Les ostraca sont en archéologie les petits bouts de poteries, d'ardoises, de tessons qui portent des fragments d'inscriptions. Ce sont aussi les coquilles d'huitres où on écrivait, à Athènes, les noms de ceux que l'on voulait ostraciser. Ceci est une autre histoire... Le danger est de tomber (mais est-ce une chute ?) dans l'aphorisme, voire dans l'énigme héraclitéenne. Mais justement l'un des Ostraca ne dit-il pas : "Creuser l'énigme" ?
La variation offre un autre genre d'écriture fragmentaire. Étude en rouge, comme son nom l'indique, tourne autour de la couleur rouge : le feu, nucléaire ou pas, le sang, la gueule (en langage héraldique le rouge se dit "gueule"), le drapeau, le timbre-poste... Pour compliquer la chose, j'ai entrecoupé ces variations de textes en prose - qui ne sont pas à proprement parlé des commentaires mais plutôt des réflexions qui font un pas de côté par rapport aux poèmes.
Troisième manière, présente dans Mobilisation générale, multiplier les angles, les narrateurs, les points de vue. On pourrait parler d'écriture cubiste, si l'appellation n'avait pas un siècle de retard.
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