Jon Bilbao : Pères, fils, primates

Publié le 9 Janvier 2026

Pères, fils, primates (le tout au pluriel) est un roman qui vous plonge d’emblée dans un bain poisseux, et ça ne fait qu’empirer par la suite. Paranoïaques s’abstenir. Il faut dire qu’il accompagne la progression d’une tempête sur la côte mexicaine où Joanes et sa famille sont en vacances. On les évacue vers l’intérieur des terres, mais lui ne part pas tout de suite : il attend d’Espagne un coup de fil dont dépend l’avenir de son entreprise de climatisation – qui est en train de sombrer. Il se retrouve donc le lendemain dans le flot engorgé des voitures de réfugiés – et par le plus grand des hasards il recueille, après avoir percuté un chimpanzé égaré, une vieille dame en fauteuil roulant et son mari, en qui il reconnait le professeur de physique qu’il soupçonne d’avoir ruiné son avenir scientifique à la sortie de l’université.

Vous l’avez compris : tout est en place pour que, profitant du chaos, Joanes puisse assouvir sa vengeance. Á moitié volontaire, à moitié engluée dans un enchaînement néfaste de circonstances, cette vengeance sera longue, glauque, écœurante. D’autant plus qu’on doute de la vérité des raisons qu’a Joanes d’en vouloir à son professeur.

On compare ce livre au Couperet de Westlake. Il y a en plus le baroque latin qui déplace le curseur de la coche « thriller » à celle « épouvante ». J’en ai pour un an à m’en remettre, mais j’ai adoré avoir peur.

BILBAO, Jon : Pères, fils, primates (Mirobole, 2016)

Traduit de l’espagnol par Marc Fernandez

Publié dans #Microlectures

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