Irving Finkel : Au paradis des manuscrits refusés
Publié le 10 Janvier 2026
Il y a d’étranges coïncidences : un même lieu inspire le roman de David Foenkinos Le mystère Henri Pick et ce livre d’Irving Finkel, paru 19 ans auparavant en anglais et tout juste traduit en français. Ou alors ce n’est pas une coïncidence…
Ce lieu, c’est une bibliothèque qui recueillerait les manuscrits refusés par les éditeurs. On imagine la démesure de l’entreprise, la croissance tentaculaire de l’endroit, quand on sait le nombre d’auteurs qui chaque année ne trouvent pas de débouché. On se prend à rêver de ce qu’aurait pu faire de cette idée le regretté Umberto Eco.
Irving Finkel, conservateur au British Museum et auteur d’un livre remarqué sur l’Arche de Noé – il est donc bien placé pour parler du sauvetage des espèces en voie de disparition –, lui se contente, si je peux dire, de placer dans ce décor onirique des saynètes toutes enrobées d’humour anglais : la visite des inspecteurs de sécurité, comment se débarrasser d’une équipe de télévision, ou d’une stagiaire américaine… Le tout quand même ombré par cette interrogation qui frise le tragique : n’y a-t-il pas parmi tous ces manuscrits condamnés de purs chefs-d’œuvre méconnus ?
On passe un bon moment Au paradis des manuscrits perdus – que demander de plus ?
FINKEL, Irving : Au paradis des manuscrits refusés (Lattès, 2016 / 10/18, 2017)
Traduit de l’anglais par Olivier Lebleu.
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