Publié le 21 Janvier 2024

*Revenons à l'urbanisme, évident marqueur de l'époque. Les terres agricoles s'amenuisent et de plus en plus loin autour des villes, en cercles concentriques, les villas gagnent du terrain. Maisons individuelles regroupées en cités pavillonnaires - rien de nouveau, c'était la caricature des banlieues anglaises vues par Astérix, ces maisons collées les unes aux autres que rien ne différencie. Dans nos régions, c'est plus la maison indépendante, du pré-fabriqué, ou auto-fabriqué, à la dite maison d'architecte, avec un plus ou moins grand terrain autour, plus ou moins de clôtures, ça commence par un rêve à portée de petit salarié en couple pour finir en bunker de riches. Les centres-villes sont reclassés en logements sociaux où s'organisent, et se détestent, portugais, maghrébins, noirs ukrainiens... dans une superbe ignorance du pays où ils vivent. Mais n'a-t-on pas fait pareil chez eux ? Ce n'est pas une excuse, certes. Mais soyons sérieux : les Français ne sont pas en train d'être colonisés. Pas tant que l'argent leur appartient. Et pas tant que pour en avoir il faudra passer par les règles édictées par l'Occident, j'allais écrire : par l'Occident protestant. Le futur qui sera régulé par autre chose que l'argent est comme l'Amérique : au-delà de l'horizon. Mais il existe.

Voir les commentaires

Publié dans #Rester dehors

Repost0

Publié le 21 Janvier 2024

Antipodia est une île perdue au Sud du Sud aux portes de l’Antarctique, battue par les flots, essorée par le vent : en un mot une terre hostile. À son bord, pourrait-on dire, deux hommes antinomiques. Albert Paulmier de Franville, diplomate relégué là suite à une affaire de mœurs à Bangkok, désire s’investir dans la mission qui lui a été confiée : entretenir les installations, se tenir prêt à recueillir d’éventuels marins échoués, et transmettre toutes les semaines le bulletin météo. Le technicien de la station, lui, a déjà usé trois gouverneurs. Il s’appelle François Lejodic et essaye de noyer une histoire d’amour perdu dans la contemplation des solitudes de l’île et dans la consommation immodérée d’une plante hallucinogène locale, le reva-reva. Jour après jour on voit s’effilocher la santé physique de l’un et la santé mentale de l’autre jusqu’à ce que l’arrivée d’un naufragé fasse exploser ce huis-clos.

Il y a de magnifiques descriptions de ces terres glacées, des cieux que l’on croit se répéter mais qui ne sont jamais les mêmes ; il y a un humour à froid (de circonstance !) qui contrebalance la pesanteur administrative de la vie de la station : bref, c’est une lecture tout à fait dépaysante et inquiétante.

COATALEM, Jean-Luc : Le gouverneur d’Antipodia (Le Dilettante, 2012)

Voir les commentaires

Publié dans #Microlectures

Repost0

Publié le 21 Janvier 2024

*LAURA L’ÉVEILLEUSE. Je ne donne peut-être pas sa juste place à Laura, restée en retrait de "ceux de l’Écluse". Peut-être parce qu'elle ne fait pas partie des autobiographies (Cf. 14/12/2019) et que le mystère autour de son expérience parisienne en est un pour moi aussi. A-t-elle été abusée par un manipulateur, ou autre chose ? Elle est pourtant un des éléments riches du récit. Par son rôle de doppelgänger de l'autre Laura, tout d'abord. "Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre". L'une est morte à Londres, l'autre s'est perdue à Paris. Elle est en reconstruction, aux frontières de la vie (mais n'est-ce pas un peu le cas de tous les personnages ?), elle accepte son statut de réincarnée parce qu'il lui donne une identité - et par la grâce de Rojo une accroche au monde. [Note de 2024 : contrairement aux autres, on ne sait rien de son passé, de sa famille, de son enfance.] Mais c'est justement parce qu'elle est aux limites du réel qu'elle est la seule à pénétrer les limbes où erre Tiago. On peut appeler ça "sensibilité exacerbée". C'est, avec ses petits bouts-rimés, une authentique poète, une "voyante" - une ancienne licorne qui a trouvé son pendant, aussi unique qu'elle, et tout aussi privé d'identité propre, puisque de mère inconnue. Enfin l'importance de Laura réside dans la fascination qu'elle exerce sur Netuno: sa voix, jusqu'au souffle sur sa nuque. Il a une double raison pour ne pas tomber amoureux, mais, pourquoi pas, dans une vie parallèle... C'est vrai aussi, c'est lui qui l'avoue, que Netuno s'enflamme vite... L'aura de Laura, repérée dès leur première rencontre, est une réalité. [Laura est aussi une porte qui donne sur les mondes cachés : réincarnation, métempsychose, univers parallèle. Elle est la tentation irrationnelle vers laquelle Netuno se laisse parfois glisser, poussé par le désir d'entrer en contact avec son frère dans le coma.]

Voir les commentaires

Publié dans #Rester dehors

Repost0

Publié le 20 Janvier 2024

À travers les peintures de jeunesse d’Émile Friand, en qui il voit un frère distant d’un siècle, Philippe Claudel évoque le souvenir de sa grand-mère –on comprendra le lien à la fin- et celui d’un temps révolu festonné d’écluses, de canotiers, de Toussaints glaciales et d’épais vin rouge. Ce petit livre d’une densité formidable, réécriture d’un ancien texte dont l’auteur dit qu’il est celui qui a laissé le plus de traces en lui, et qui assurément en laissera de fortes en nous, interroge aussi la démission qui a fait glisser Friant des tableaux révoltés de sa jeunesse à une carrière de portraitiste de salons bourgeois. Et on sent la peur de Claudel de cette déchéance-là, que son art devienne reproduction, technique brillante et sans âme. Tant qu’il manifestera cette force d’écriture et d’inquiétude, il peut être rassuré. (2023)

CLAUDEL, Philippe : Au revoir Monsieur Friant (Stock, 2016)

Voir les commentaires

Publié dans #Microlectures

Repost0

Publié le 20 Janvier 2024

*Leiah est quelqu'un en défense. Sa façon de vouloir garder le fil de ses paroles ("Tais-toi !") n'est certainement qu'une peur de le perdre. Femme et immigrée, elle a des raisons de se méfier de tout. Et de son frère vénéré, moins "intégré" qu'elle - qui maintient le poids du patriarcat, moitié par devoir moitié par commodité - allez savoir laquelle influence l'autre ? Mais ce n'est pas un méchant. Il a permis à sa sœur d'étudier et d'avoir un métier, et il ne s'oppose pas à sa liaison avec Netuno. Simplement il veut "être sûr de ses intentions", comme on disait autrefois. C'est sa responsabilité, et on ne saurait l'en blâmer, Netuno manifestant une certaine irrésolution, et une nette tendance à se laisser porter par les événements (Cf. 12/12/2019). Ce n'est pas un séducteur, et c'est tout aussi dangereux : il est susceptible de se laisser facilement séduire. Conseillons à Leiah, qui a au fond d'elle du mal à exprimer sa volonté face à Netuno - parce qu'elle est tout de même prise dans sa culture - de fréquenter assidument Frankie et de profiter de son expérience - fut-elle malheureuse - des hommes.

Voir les commentaires

Publié dans #Rester dehors

Repost0

Publié le 20 Janvier 2024

https://www.arbre-vengeur.fr/wp-content/uploads/2013/11/AUTOFICTIF4-COUVERTURE.jpgÉric Chevillard publie le quatrième tome tiré de son blog, L'autofictif, – titre tout en dérision, puisque rien n'est plus éloigné de l'autofiction que son œuvre.  Même ici où interfèrent le quotidien, les mots d'enfants de ses deux filles, l'ombre d'un oncle moine tué en Algérie et celle de son père mort dans l'année, c'est toujours l'imaginaire qui prend le pas, à travers ce qui pourrait être l'ébauche de nouveaux romans – par exemple l'idée d'une bourrasque qui déplacerait à la terrasse d'un café les conversations d'un groupe de consommateurs à l'autre –, et c'est aussi le questionnement sur l'acte de créer qui est le fil rouge du livre.

On passe du haïku à l'aphorisme, de la réflexion au coup de griffe. Pour la bonne bouche : « De Virginie Despentes, je n'ai lu que la première phrase de son roman Les chiennes savantes, qui m'a tout de suite donné envie d'aller moins loin ». Très laconique : « Post coitum animal papa ». Et, terriblement lucide : « Le chien est le meilleur ami de l'homme. Il tient quinze ans ».

CHEVILLARD, Éric : L'autofictif prend un coach (L'Arbre Vengeur, 2012)

Voir les commentaires

Publié dans #Microlectures

Repost0

Publié le 20 Janvier 2024

L’auteur : Deux parutions placent en 2016 Javier Cercas sous les feux de l’actualité. D’une part est édité son premier roman, Le mobile, dont, dit-il dans une postface enlevée, il ne s’est jamais repenti – fait plutôt rare de la part d’un écrivain confronté à une œuvre de jeunesse… D’autre part parait, toujours chez Actes Sud comme tous ses ouvrages en français, un essai intitulé Le point aveugle qui reprend cinq conférences prononcées en tant que Professeur invité de littérature comparée à Oxford. Parce que c’est une pointure, Cercas : il a enseigné aussi aux États-Unis avant de se fixer à l’université de Gérone (Catalogne). Une phrase du Point aveugle éclaire sa démarche : « Écrire un roman consiste à plonger dans une énigme pour la rendre insoluble, non pour la déchiffrer… » On reconnait bien sûr dans cette tournure paradoxale l’influence de Borges, et elle l’applique à tous les livres de Cercas, que ce soit le premier qui l’ait fait découvrir, Les soldats de Salamine, où l’on cherche à savoir pourquoi un soldat républicain n’a pas dénoncé le franquiste qu’il avait débusqué, ou que ce soit L’imposteur, portrait d’un affabulateur à la carrière inouïe (voir ci-dessous). Partant d’un fait vrai, la littérature sert à serrer la réalité au plus près – et c’est sûr qu’il n’y a pas meilleur moyen de la rendre insoluble, la réalité.

Le lihttps://www.actes-sud.fr/sites/default/files/couvertures/9782330053079.jpgvre : Avant de décider d’écrire ce livre Javier Cercas a longtemps tourné autour du personnage réel qui en est le sujet : Enric Marco que ses mensonges ont amené à de hautes responsabilités au sein successivement du syndicat anarchiste CNT, de l’Association Nationale des Parents d’Elèves  et de l’Amicale de Mathausen. C’est l’invention de son pseudo-passé de déporté, alors qu’il était en fait travailleur volontaire en Allemagne, qui a attiré l’attention d’un historien indépendant, Benito Bermejo, et a causé sa perte.

Et Cercas dans tout ça ? Il oscille entre la fascination et l’agacement, ne cherche pas d’excuses à Marco mais veut démontrer qu’il est le produit de la démission de son époque, du glissement de la vérité des faits à ce qu’on veut bien leur faire dire, de la médiocrité élevée au rang d’art de vivre. Marco a-t-il créé un personnage de fiction à la hauteur du Quichotte de Cervantès, pourfendeur des moulins à vent de la réalité ? Mais Don Quichotte vit dans un monde littéraire qui n’abuse personne alors que Marco a abusé de personnes réelles, a joué avec leur mémoire et leur douleur pour asseoir sa petite gloire.

Le fil qui relie Cercas et Marco est que le romancier au fond de lui se considère aussi comme un imposteur – syndrome sans doute partagé par de nombreux créateurs. Sûrement l’est-il encore plus ici que dans ses autres livres, essayant d’entrer en empathie avec un homme de chair et de rêve (avec un parti-pris de ressassement qui, avouons-le, n’allège pas la lecture). Malgré la mention sur la couverture du genre « roman » L’Imposteur tient plutôt du pâté d’alouette où l’enquête occupe la plus grande part et dont la quasi dernière phrase laisse un drôle de goût : « Putain, il est génial, ce mec ! ». (2023)

CERCAS, Javier : L’imposteur  Traduit de l’espagnol par Élisabeth Beyer (Actes Sud, 2015)

Voir les commentaires

Publié dans #Microlectures

Repost0

Publié le 20 Janvier 2024

*Des pistes à creuser pour les numérologues : Rojo a 5 ans quand il est adopté, VADH et Libera étaient mariés depuis 15 ans, Libera avait 25 ans à son mariage, Rojo 15 ans quand VADH est mort, il y a 15 ans au moment du roman. Papy avait 5 ans lors de son exil en France. Le narrateur a 25 ans, Tiago et Rojo 30, Frankie 40, l'âge de Libera à l'adoption de Rojo. Frankie passe 10 ans avec Berthoux, elle part à Léros à 30 ans, y est restée 5 ans, en est revenue depuis 5 ans.

*Pour démarrer l'écriture du roman, qui piétinait, j'ai eu l'idée de demander à quatre personnages "secondaires principaux" (Frankie, Berthoux, Rojo, Walter - ceux de l’Écluse) d'écrire leurs autobiographies. J'ai pensé que les bios de Tiago et Netuno se dessineraient en creux. Mais, finalement, on se sait pas grand chose de Tiago et Netuno - surtout de Tiago, si ce n'est la circonstance qui l'a amené en France. Personne ne semble le connaître, "il est secret" dit l'un. C'est pourtant sensé être un  homme de paroles. Qui se cache donc derrière la parole. Netuno, lui, o mudo, à qui incombe la charge de parler, le fait surtout en répétant les paroles des autres. Il donne des informations sur lui, mais c'est au cours d'échanges avec tel ou tel - il ne dit pas souvent ce qu'il pense, sauf quand il s'existe sur des sujets "d'urbanisme", c'est à dire de politique. Le personnage de Leiah s'est constitué plus complexement. Au départ tout au plus objet de désir, de cristallisation stendhalienne, elle devient le symbole de ce qu'on appelait naguère les beurettes, déchirées entre le carcan traditionnel, représenté par le "grand frère", et leur volonté obstinée de s'inscrire dans la société où elles grandissent. Son autobiographie, qu'elle livre oralement en l'état à Tiago et Netuno aux deux-tiers du livre, est la conséquence, l'éclaircissement, de ce qui a déjà été dit, et non pas comme pour les quatre autres, la cause. On a donc deux camps: "ceux de l’Écluse",  qui sont le socle pré-établi du récit, et "ceux qui flottent autour", engendrés par le récit: Leiah et Ari, Ludmila et Sarah, Laura,  Michael, Monsieur Martinez - et c'est aussi parmi eux que je rangerais Tiago et Netuno qui, s'ils sont l'étincelle de combustion du roman, n'ont acquis du volume qu'au fur et à mesure de l'écriture.

*[Note de 2024 : dans la première version ces autobiographies ont été "recyclées" dans le cours du roman, inégalement : celles de Walter et Frankie beaucoup, celle de Berthoux moyennement et celle de Rojo avec de grandes zones d'ombre : le tour du monde qui en constitue une bonne partie restait au stade du non-dit, du non-dicible par interdiction de Rojo lui même. On verra ultérieurement le choix différent fait dans la seconde version.]

Voir les commentaires

Publié dans #Rester dehors

Repost0

Publié le 19 Janvier 2024

*Envoyé ce matin le tapuscrit à Gallimard, L'Olivier, Actes Sud depuis la poste du village. Je m'amuse à prendre comme un signe que, pour des raisons purement pratiques, cela parte de là plutôt que de la Poste Centrale de M. Ça rejoint les petites superstitions par lesquelles j'essaye d'oublier le sens de la flèche. L'absurde tragique à qui tout le monde cherche une raison, ou un responsable. Pour Netuno (le narrateur) et Leiah, méditerranéens (culturellement pour le Portugal, si ce n'est géographiquement), c'est le destin, Mektoub, Inch Allah, Oxalà, qu'on peut confondre avec la volonté divine. C'est en tout cas quelque chose qui en grande partie nous échappe. Pour Netuno, c'est aussi une paresse. Leiah est bien plus volontaire.

*J'ai d'ailleurs l'impression que Netuno se laisse porter, par les évènements et par les autres.

*A la relecture j'ai découvert des motifs que je n'avais pas conscience d'avoir abordés, ou qui avaient pris une importance que je n'avais pas aperçue. Principalement le fil rouge que constituent les préoccupations urbanistiques et architecturales de Netuno. Ça frise l'obsession, pour l'instant je ne saisis pas pourquoi.

*Casimir, deuxième lecteur après Danielle, qui, il me l'a écrit, a gardé nostalgie de ces années-là, retrouve dans le roman l'écho des logements estudiantins que nous avons eu : la maison mitoyenne partagée avec mes frères rue Joffre et ensuite l'appartement du Mirail, "le Titien", avec Jean-Yves dit Lulu et la "bande" du Polyvalent. Il est évident que ce temps d'éclosion, qui s'est terminé avec mon départ à l'armée, est fondateur. Les protagonistes du roman sont plus âgés (de 25 à 40 ans, peut-être moins pour Leiah, il faudrait le calculer) et aucun n'est décalqué de cette époque. Bien que...

*Le prénom Frankie/Françoise est le souvenir d'une cousine de Mino, étudiante hébergée "chez Régine". Encore une maison ouverte. C'était l'époque.  Mais physiquement, il n'y a aucun rapport. A quoi ressemble d'ailleurs Frankie ? On sait (ou Netuno l'imagine-t-il ?) que Berthoux l'a recueillie "rêveuse, l'air famélique et les cheveux gouttant" [note de 2024 : cette précision a disparu de la version 2.0. On sait qu'elle fait penser à la Jeune fille à sa toilette de Corot, qui n'est pas famélique]. En règle générale, j'ai mes personnages en tête mais je donne peu d'éléments physiques. A peine devine-t-on que Walter est un peu enveloppé ("face de lune timide", "sa rondeur") [il est charrié sur son appétit et confie lui-même qu'il a commencé à grossir à cause des neuroleptiques]. De Leiah, on sait un peu plus: peau mate, yeux verts, cheveux noirs. Et ses jambes... Mais là encore ce n'est que l'avis de Netuno !

*La lecture bienveillante de Casimir se teinte du reproche des nombreuses pistes laissées sans réponses à terme. La principale, bien sûr : Tiago se réveille-t-il ou pas ? Mais aussi: Netuno reste-t-il en France, chez Martinez ou ailleurs ? Pourquoi Rojo ne veut-il pas qu'on parle de son tour du monde ? Et en parallèle: qu'est-il arrivé à Laura à Paris ? Et, qui me préoccupe à moi: Walter s'est-il suicidé ou non ? J'avoue que je n'ai pas toutes les réponses. Casimir me parle d'un respect du lecteur que je n'ai pas. Outre le fait que le roman est limité à 31 jours, et qu'il me semblerait artificiel que tout se dénoue le dernier jour du mois, il me semble que dans la vraie vie il y a des tas de choses dont on ne connait jamais la fin, quelques unes seulement très tard. Je me réserve le droit de revenir sur mes personnages [un peu tard pour commencer une Comédie Humaine !], et si ce n'est jamais le cas, je préfère, à respecter le lecteur, respecter son imagination.

*Clins d’œil à l'actualité [en dehors de La Coupe du Monde !] : l'Europe à deux vitesses, Uber, les Japonais sur les Champs-Élysées, "ça va craquer" (on est trois mois avant les Gilets Jaunes).

*Netuno croise une confrérie de rétifs à la marche: Ari, le libraire, Rojo. Il est, sans peut-être s'en apercevoir, en position de défense face à eux.

Voir les commentaires

Publié dans #Rester dehors

Repost0

Publié le 19 Janvier 2024

C’est commode, un fourre-tout : on finit toujours par y trouver ce qu’on sait y avoir mis – et plus encore – quitte à devoir le renverser sur la table. Alors, La reverdie, de quoi retourne-t-il ? Aux dires de l’auteur d’un éloge de la couleur verte, ou plutôt de l’exploration de l’obsession pour cette couleur. Objectif atteint. Il s’agit aussi de la « dévertification » de la publicité qui use et abuse de références vertes (entendez : écolos) pour se donner bonne conscience. Ce plan, sympathique, semble avoir un peu été laissé en friche… Surtout, il s’agit de l’éclosion d’un nouvel amour, après tant d’échecs – mais celui-là sera le bon, promis juré. On l’abritera dans une cabane de feuilles : celles des arbres et celles des livres. Les fragments du texte, qui sont donc aussi ceux d’un discours amoureux, s’organisent en une mosaïque qui dessine un portrait de femme moderne qui a appris à aimer son corps, à aimer ses désirs, à aimer être au monde. (2023)

BROWAEYS, Louise : La reverdie (La mer salée, 2023)

Voir les commentaires

Publié dans #Microlectures

Repost0