Philippe CLAUDEL : Au revoir Monsieur Friant
Publié le 20 Janvier 2024
À travers les peintures de jeunesse d’Émile Friand, en qui il voit un frère distant d’un siècle, Philippe Claudel évoque le souvenir de sa grand-mère –on comprendra le lien à la fin- et celui d’un temps révolu festonné d’écluses, de canotiers, de Toussaints glaciales et d’épais vin rouge. Ce petit livre d’une densité formidable, réécriture d’un ancien texte dont l’auteur dit qu’il est celui qui a laissé le plus de traces en lui, et qui assurément en laissera de fortes en nous, interroge aussi la démission qui a fait glisser Friant des tableaux révoltés de sa jeunesse à une carrière de portraitiste de salons bourgeois. Et on sent la peur de Claudel de cette déchéance-là, que son art devienne reproduction, technique brillante et sans âme. Tant qu’il manifestera cette force d’écriture et d’inquiétude, il peut être rassuré. (2023)
CLAUDEL, Philippe : Au revoir Monsieur Friant (Stock, 2016)
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