Pierre AUTIN-GRENIER : C'est tous les jours comme ça
Publié le 19 Janvier 2024
« Le maître de la forme brève » est de retour. Il s’est même, pour notre plus grande joie, dédoublé, endossant les habits élimés d’Anthelme Bonnard, une forte gueule, un peu Père Peinard, un peu Ribouldingue – et beaucoup Autin-Grenier, tout de même.
Nous sommes dans un monde à peine futur, déjà terriblement présent, où les interdictions édictées par la Police du peuple font florès : interdit de jouer de la musique dans les rues, de posséder un couteau suisse avec tire-bouchon, de lire en public, etc…, dans un monde qui s’enlise dans ses propres déchets.
Plus que jamais ici, l’humour est la politesse du désespoir. Il faut toute la précision –disons-le : toute la beauté – de la langue d’Autin-Grenier, qui jongle avec les registres, du savant à l’argotique, qui toujours case le mot juste à la bonne place, pour que la hargne ne finisse pas par se détester elle-même et qu’il reste assez d’espoir en l’homme pour s’en faire une cocarde. Voilà qui est fort et bousculant comme un café arrosé à huit plombes du mat’.
AUTIN-GRENIER, Pierre : C’est tous les jours comme ça (Finitude, 2010)
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