Philippe Claudel : L'archipel du Chien

Publié le 29 Janvier 2024

D’où vient le malaise ? La narration est tirée au cordeau : sur une île, plutôt méditerranéenne, échouent trois cadavres d’hommes noirs. Les instances – jamais désignées autrement que par leurs fonctions : le Maire, le Docteur, le Curé, l’Instituteur – pour ne pas contrarier un projet de marina décident d’enterrer l’affaire – plus exactement de l’engouffrer, de faire disparaître les corps dans une faille du volcan qui domine l’île. Mais voilà, les drones ont tout vu, et débarque un Commissaire misanthrope et alcoolique dont la seule présence fait remonter au jour les turpitudes de chacun.

Car il est là, le malaise : dans la vision désespérée que manifeste l’auteur. Pour la rédemption, changez de Claudel : l’âme humaine est définitivement mesquine, noire, égoïste, lâche avant tout. Pas un individu pour racheter l’autre, surtout pas le Commissaire dont on connaîtra les motivations nauséabondes, surtout pas le narrateur qui cache derrière sa fable morale un défaitisme désabusé. « Ce n’est pas mon affaire », conclut-il. (2024)

CLAUDEL, Philippe : L’archipel du Chien (Stock, 2018 / Le Livre de Poche 2019)

Publié dans #Microlectures

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