Jeanne BENAMEUR : Laver les ombres
Publié le 19 Janvier 2024
Si Léa danse, si elle s’exténue à danser, c’est pour maîtriser son corps, le brider, le contraindre – ce corps dont elle a si peur, dont elle a peur surtout qu’il appartienne à un homme. Pourtant elle aime Bruno, mais sans doute le quittera-t-elle comme les autres, par incapacité à se partager.
En contrepoint de son histoire, une autre nous est racontée : celle de Romilda, adolescente prostituée aux soldats par son amant français en 1940, dans Naples en guerre.
Appelée par sa mère dans la maison de son enfance, Léa devra affronter une double tempête : celle de l’océan déchaîné qui menace de tout emporter, et celle de la confession de sa mère, Romilda. Et c’est lavée de son secret familial qu’elle pourra enfin retrouver son équilibre.
L’écriture dense, les phrases courtes et nerveuses, donnent à ce roman la puissance d’un aveu. Le livre refermé, ces deux femmes sont définitivement entrées dans nos vies. Elles l’éclairent. « Aimer, c’est juste accorder la lumière à la solitude. Et c’est immense. »
BENAMEUR, Jeanne : Laver les ombres (Actes Sud, 2008)
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