26/03/2020 : 8/ Le temps suspendu du Covid
Publié le 24 Janvier 2024
*L'épidémie de Covid-19 qui a gagné la planète a amené le gouvernement français à décréter le confinement général depuis le mardi 17 à midi, à la suite de l'Italie et bien sûr de la Chine d'où est parti le virus. Peu à peu tous les pays du monde se protègent, avec ou sans l'accord des dirigeants nationaux (à la tête des crétins récalcitrants, Trump et Bolsonaro, les inénarrables Tif et Tondu du libéralisme à tout crin, persuadés sûrement que la maladie ne tuera que leurs ennemis). Après le déchaînement des tondeuses à gazon et autres taille-haies les premiers jours, l'absence de bruit de moteur remodèle l'atmosphère : le chant des oiseaux, les chiens qui aboient - moins qu'à l'ordinaire, les voisins étant cloués à demeure les font taire -, les rares véhicules qui passent, munis en l'espèce de leur précieuse "Attestation de déplacement dérogatoire", laissent leur sillage sonore jusqu'à loin dans la vallée. On n'a jamais autant écouté la radio, lu les articles Internet. Comme dans le silence des cryptes, il y a dans ce calme tous les ferments de la peur : peur de la maladie, bien sûr, de ne pas voir s'inverser les graphiques quotidiens des décès, mais peur aussi de la pénurie à court terme, et à long terme d'une crise économique gigantesque. Le sort d'un manuscrit dans cet effondrement n'est plus d'actualité. See you later.
*[Pour mémoire : lettre de refus de Libella (Buchet) du 27.06.2020, de Grasset du 08.10.2020.]
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